Liberté, je crie ton nom... et personne ne répond
Il y a vingt ans presque jour pour jour, alors que je n’étais même pas encore en voie d’être créée, tombait le Mur de Berlin, événement majeur dont l’histoire a été largement relatée dans les journaux et autres médias dans les derniers jours. Étrange, quand même, que des jeunes qui n’étaient alors même pas nés, comme moi, se soient intéressés à cette histoire, alors que d’habitude il est difficile de les intéresser à l’Histoire avec un grand H.
Ainsi, je me demande, s’agit-il réellement d’histoire ou de liberté?
La liberté, une notion plutôt vague. Le Petit Robert a besoin d’une colonne et presque la moitié d’une autre pour arriver à la cerner. Pour illustrer un peu ce qu’il en dit, voici la première définition : «État, situation d’une personne qui n’est pas sous la dépendance absolue de quelqu’un (opposé à esclavage, servitude).» Bien sûr, je n’énumérerai pas ici toutes les autres définitions, ce n’est pas le but.
Aujourd’hui, on dirait que la liberté est rendue matérielle, c’est quelque chose d’accessoire. On se sert de la liberté comme d’un sac à mains griffé, dans lequel on cache ses grands questionnements philosophiques, de peur d’avoir à y répondre. On traite la liberté comme un animal domestique, sa loyauté nous est acquise, son inconditionnel dévouement, comme si rien ni personne ne pourrait jamais venir s’interposer dans cette idylle vaporeuse.
Je pense qu’il est temps d’apprécier.
D’apprécier cette liberté qui nous est offerte, à nous, Canadiens ou Québécois, quelles que soient vos allégeances politiques. Bombardés par des images d’enfants du tiers monde atrocement maigres, d’histoires à émouvoir une banquise, nous avons commencé à considérer cela comme du quotidien. On se dit : «Ah et puis qu’est-ce que mon petit geste à moi, à l’autre bout du monde, petit humain unique et seul, pourra bien peser dans la balance?» Et puis, au bout du compte, on s’en va faire ce qu’on fait le mieux ; consommer.
Et si on s’arrêtait pour se poser une question?
Sont-ils libres? Ont-ils voté pour un dirigeant despotique? Parlons-en du droit de vote! Nous avons la chance, presque inouïe, il faut le dire, de vivre dans une démocratie. «Le pouvoir au peuple», étymologiquement. Nous avons la chance, le pouvoir, le DEVOIR de voter, d’élire ceux qui nous gouvernent. Et que faisons-nous de cette opportunité? Nous ne la saisissons pas! 38% de participation aux dernières élections municipales à Québec. 38%! À quoi bon « chialer » contre le gouvernement en place si seulement 38% des gens sortent de leur petit confort pour aller poser un geste qui pourra peut-être faire changer des choses!
Ça aussi, c’est la liberté!
Liberté d’expression, liberté d’agir, de penser, liberté de se battre pour ses opinions, liberté de choisir qui on veut être, liberté d’être qui on veut, liberté d’être gai, lesbienne, « bi » ou « hétéro », liberté d’afficher ses préférences, ses allégeances politiques, liberté de lire ce qu’on veut, de voir ce qu’on veut, d’écouter ce qu’on veut, liberté de créer, liberté de croire en ce qu’on veut ou de ne pas croire du tout, liberté d’être blanc, noir, jaune, rouge, vert, turquoise si ça nous chante! Liberté d’être Québécois, Canadien, Américain, Terrien! Liberté d’aider les autres, liberté de faire un geste pour la planète, liberté de faire un geste pour les moins libres.
Réfléchissez bien, c’est quoi la liberté pour vous?
Pour moi, ici, maintenant, la liberté c’est de pouvoir écrire cette chronique, d’avoir une tribune pour la publier et de ne pas craindre pour ma vie.
Pour moi, la liberté, c’est d’être moi et de le savourer chaque jour!
(607 mots)
jeudi 12 novembre 2009
Inscription à :
Commentaires (Atom)