jeudi 29 octobre 2009

Chronique 2

Simone de Beauvoir se retournerait-elle dans sa tombe?

«Les femmes sont compliquées» me lançait un ami il y a quelques jours. En bonne féministe, je lui répondis que les hommes ne le sont pas moins. S’ensuivit un débat virulent. Évidemment, le sujet étant millénaire, nous n’avons rien réglé sur le coin d’une table de café étudiant, mais la question reste.

Y a-t-il une réelle différence entre les hommes et les femmes?

Biologiquement, de nombreuses études ont répondu à cette question par l’affirmative. Question d’hormones et tout ça. Cependant, y a-t-il réellement un sexe plus compliqué que l’autre? Ou les hommes et les femmes ne tentent-ils pas seulement de pallier aux différences en tentant de se mettre au diapason de l’autre, compliquant ainsi les relations? Devant cet ami, je défendis férocement la position des femmes, affirmant qu’elles ne sont pas toutes compliquées, mais maintenant, la question se pose et mes positions se nuancent.

Je crois qu’une partie du problème réside au tout début, dans ce que les générations précédentes ont cru de toutes leurs forces ; la Bible. Dans la Genèse, il est dit qu’Ève est née d’une côte d’Adam. Je crois qu’à ce moment-là, le barbu a tout compliqué. Il a crée de la femme un sous-être, un « sexe faible » condamné aux travaux forcés, mariage-bébé-nettoyage, tandis qu’il a fait de l’homme l’être suprême, « à son image ». Ainsi, la Bible a cantonné la femme dans un rôle traditionnel. Cependant, le livre sacré ne fut-il pas écrit par des hommes?

Et s’il en avait été autrement?

Si l’homme avait été crée d’une côte d’Ève? Puisque, après tout, ce sont les femmes qui enfantent. Qu’en serait-il du rôle de la femme aujourd’hui? Aurait-on du « masculinisme », en réponse au pouvoir dominant de la femme dans la société? Quand je regarde la place des femmes et des hommes dans la société nord-américaine d’aujourd’hui, je me dis que plus les choses changent, plus c’est pareil. Les femmes ont acquis des droits, certes, elles ne sont plus confinées dans un rôle de mère, mais il existe encore des iniquités entre les sexes et je me demande si ça a vraiment lieu d’être.

La femme est-elle vraiment le sexe faible?

Dans son livre Le sexe fort n’est pas celui qu’on croit, Susan Pinker affirme que l’homme est plus vulnérable que la femme, sur les plans biologiques et psychologiques. Elle soulève un point intéressant en disant que lors des luttes féministes des années 1960 et 1970, les femmes ont dû affirmer qu’elles étaient pareilles aux hommes pour tenter de gagner les mêmes droits, mais qu’aujourd’hui elles y sont coincées. Les hommes n’ont pas beaucoup à concilier travail-famille, tandis que les femmes, qui travaillent autant que les hommes, parfois plus, doivent tout faire ; travailler, élever leurs enfants, passer du temps avec eux. Certains me diront que de plus en plus d’hommes restent à la maison pour s’occuper des enfants pendant que la femme travaille, mais il n’en demeure pas moins qu’une femme qui ne voit ses enfants qu’en pyjamas le soir, avant qu’ils aillent se coucher, se sentira coupable de travailler autant.

Et après, on se demande pourquoi les femmes ne font plus d’enfants!

Non, elles ne sont pas toutes carriéristes, elles ne sont pas toutes lesbiennes refoulées, sans cœur ou égoïstes! On ne peut même pas imaginer toutes les étiquettes accolées à une femme qui affirme sans complexe ne pas vouloir d’enfants! Et après, on essaye de se convaincre que les choses changent, que les mœurs évoluent!

Non, la femme n’est pas compliquée, elle tente simplement d’être ce que la société attend d’elle!

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